Interview d’Auteur: Prof. Dr. Nicolae Iuga

Interview d’Auteur: Prof. Dr. Nicolae Iuga

Qui êtes-vous, en quelques lignes?

Je suis docteur ès Philosophie, professeur d’université et chercheur scientifique associé à l’Institut de philosophie de l’Académie roumaine de Bucarest. J’ai publié plus de 20 livres à ce jour, certains d’entre eux étant des essais sur la Philosophie de l’Histoire, et entre ces livres il y a aussi le présent livre, Le Maramuresh et Russie des Sous-Carpates.

 

 

Votre dernier livre est "Марамуреш и Подкарпатская Русь", en français c'est toujours „Maramures et Russie des Sous-Carpathes”. Quel est le message que vous voulez passer aux lecteurs?

Le livre n’est pas une recherche historique, mais c’est un essai sur les relations entre géopolitique et religion dans le bassin supérieur de Tisza, de l’époque du dualisme austro-hongrois (1867-1918) à ce jour. Un essai destiné à mettre en évidence l’assaut de la Hongrie catholique sur l’ancienne civilisation roumaine orthodoxe de Maramuresh et et sur la civilisation russe ou routhène de la Russie Sous-Carpathique, afin de son expansion territoriale dans le sens nord-est. Au moment de la formation de la monarchie dualiste Austro-Hongroise en 1867, les hongrois en Hongrie représentaient moins de 42% de la population totale, sinon les hongrois étaient minoritaires dans leur propre pays. Dans ce contexte, la Hongrie a depuis lors recouru à une forte offensive de magyarisation forcée des groupes ethniques non-hongrois, utilisant à cette fin notamment l’Église, dans une opération contraire à sa mission chrétienne. En 1912, un Episcopat hongrois gréco-catholique pour magyarisation a été établi, basé à Hajdudorog, dans les conditions où le Gréco-catholicisme n’est pas une confession hongroise traditionnelle. Les quelque 350.000 grecs-catholiques hongrois en Hongrie sont aujourd’hui, historiquement parlant, d’anciens non-hongrois orthodoxes, routhènes et roumains, qui sont devenus hongrois par des moyens peu orthodoxes, c’est-à-dire par le biais de l’Église.

 

A qui s'adresse cet ouvrage?

Ce livre s’adresse aux chercheurs, aux étudiants, mais aussi au grand public, étant rédigé dans un style d’essai très accessible. Il s’adresse au grand public, étant donné que cette année 2020 marque le 100-ème anniversaire de la signature du Traité de Trianon qui a marqué la fin de la Première Guerre Mondiale, et à l’heure actuelle il y a certaines voix révisionnistes qui souhaitent demander un réexamen de ce Traité. Dans le même temps, ce livre attire l’attention sur le fait que dans l’Ukraine contemporaine les pratiques de l’Autriche-Hongrie depuis la fin du XIXe siècle ont été ressuscitées, en ce qui concerne la limitation du droit des minorités nationales dans ce pays à utiliser leur langue maternelle dans l’éducation.

Décrivez Generis Publishing en quelques mots.

Je remercie chaleureusement Generis Publishing de m’avoir donné l’opportunité, gratuitement, de partager mes idées avec les plus larges cercles de lecteurs, pratiquement dans le monde entier. C’est la chose la plus merveilleuse qui puisse arriver à un chercheur scientifique. Le fait est d’autant plus méritoire que Generis Publishing offre cette opportunité à un grand nombre d’auteurs.

Quels sont les bons et les mauvais côtés du métier d'auteur?

À mon avis, être un auteur est la réalisation de la vie la plus importante à laquelle un homme puisse aspirer, plus importante que la réalisation comme personnalité politique, car l’écrivain peut dire la Vérité plus que le politicien. D’un autre côté, les écrivains, à de très rares exceptions près, ne peuvent gagner leur existence de l’écriture. J’ai personnellement connu de nombreux écrivains de valeur qui ont vécu et créé dans des conditions misérables. Il est idéal d’avoir un emploi, par exemple un professeur d’université, qui permettra à l’écrivain de vivre décemment et en même temps d’avoir du temps libre pour écrire.

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur?

Aujourd’hui, la littérature de qualité, qu’elle soit fictionnelle ou scientifique, est pratiquement étouffée par ce qu’on appelle les réseaux de „social media”. Mais l’auteur ne doit pas être découragé, il ne doit pas désespérer, car au final l’écriture professionnelle va s’imposer par le style, reçoit du relief, de la hauteur, ce qui leur permet de s’élever au-dessus de la grande quantité de petits rien que existe dans les réseaux de „social-media”. D’autant plus que les auteurs débutants d’aujourd’hui peuvent bénéficier d’éditeurs tels que Generis Publishing, qui peuvent faire circuler leurs idées à travers le monde.