Interview d’Auteur: Arthur LUBWIKA

Interview d’Auteur: Arthur LUBWIKA

Qui êtes-vous, en quelques lignes?

Arthur LUBWIKA est un théologien chrétien et un chercheur indépendant de nationalité congolaise. Actuellement, il assure des cours de théologie néotestamentaire à l’Université Protestante au Cœur du Congo, en sigle U.P.C.C., située à Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental en République Démocratique du Congo.
Du point de vue littéraire, Arthur LUBWIKA est bibliste de formation et enseignant de théologie néotestamentaire depuis 1987. Adepte de la libre pensée, il s’intéresse plus particulièrement à l’évolution des idées religieuses en régime chrétien. Son œuvre déjà importante compte plusieurs ouvrages, notamment : Méditation sur l’identité chrétienne aujourd’hui (L’Harmattan, 2012), Dimanche sans messe en Afrique profonde (Edilivre, 2015), Je bâtirai mon Eglise (Editions Universitaires Européennes / Croix du Salut, 2017) et La mission du treizième apôtre aujourd’hui (Generis Publishing, juin 2020).

Quel est le message que vous voulez passer au lecteur de votre dernier livre "La mission du treizième Apôtre aujourd’hui"?

M’inspirant du prétexte du mythe de Babel dans le livre de la Genèse, je me propose d’emboiter le pas du Créateur. Dans ledit mythe, les terriens de Babel initièrent un projet ambitieux et irrévérencieux : défier la divinité par la construction d’une tour, symbole de l’imposition d’une parole unique pour tous dans un état totalitaire. Ayant perçu la dérive du projet babélique d’une parole indifférenciée, le Créateur décida de confondre ces terriens par l’imposition de la parole différenciée. Du mythe de Babel, l’humanité fut conduite vers le symbole de la Pentecôte ou le rétablissement de la parole pour chaque adhérent. Loin d’être un paradis définitivement acquis, le passage de Babel à la Pentecôte se révèle un chemin à refaire toujours, jamais parcouru une fois pour toutes jusqu’au terminus ad quem. Car, dans un contexte ecclésial dominé par un dogmatisme calqué sur le symbole de Babel, la tendance naturelle est d’enfermer le monde de la croyance dans un système de pensée unique, contraignante. Adepte la libre pensée et soucieux de faire bénéficier à mes contemporains des richesses de l’Evangile de libération, je confesse – que dis-je « confesser » ? – je dénonce toute tentative de confiscation de la parole en Eglise et travaille à la libération de cette parole en faveur des adultes chrétiens, désireux de grandir dans la connaissance de Jésus-Christ, le Sauveur. En intitulant cet ouvrage : Le péché de l’abbé Chrétien, je suis sûr de provoquer une série de questions dans l’esprit du lecteur : Est-ce une confession ? Qui confesse ? Quel péché confesse-t-il ? L’inconnu porte moins sur l’identité du pécheur et sur la nature du péché commis que sur la question de savoir si réellement le « pécheur » a péché, c’est-à-dire si le sujet humain qui « a été compté parmi les transgresseurs de la loi de Dieu » (cf. Isaïe 53,12 ; Matthieu 11,19) a véritablement et intentionnellement offensé à la divinité. Et s’il faut avouer le crime des crimes, je n’irais pas par quatre chemins : d’une part, je dis ma passion d’éclairer la religion des adultes chrétiens, en tenant compte de la conjugaison de l’option académique de type théorique et de l’option ecclésiale de type existentielle ordonnée à la finalité théologique fondamentale ; d’autre part j’affirme mon engagement délibéré dans le combat de la foi pour la libération de la parole et, partant, du peuple de Dieu, au sein d’une église particulière. Sinon, il conviendrait de comprendre ce titre dans le sens d’une dénonciation prophétique « des idéologies qui sont pour l’humanité l’équivalent d’un déluge, noyant l’être parlant dans la parole indifférenciée », laquelle dénonciation est ordonnée à la construction d’une arche de salut « avant que ne meurent la parole et avec elle, les hommes en tant qu’ils sont humains » (Marie Balmary) et les chrétiens en tant qu’ils sont « à Christ et Christ à Dieu » (1 Corinthiens 3,23).

A qui s’adresse cet ouvrage ?

D’entrée de jeu, je dois préciser que le présent ouvrage n’est pas destiné aux chrétiens « à la foi du charbonnier » et il n’a aucune prétention d’offenser à ces derniers. Le péché de l’abbé Chrétien s’adresse d’abord aux chrétiens adultes, convaincus ou enclins à l’abandon de la foi, mais désireux du fond de leurs âmes de grandir dans la connaissance de Jésus-Christ, le Sauveur. L’ouvrage s’adresse également aux hommes et aux femmes en quête du salut, pour leur indiquer la route que Dieu nous propose dans son Fils qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14,6). Il s’adresse en outre aux hommes et aux femmes « capables de Dieu », pour leur ouvrir l’intelligence aux « voies impénétrables de Dieu » (cf. Romain 11,33), dans l’espoir qu’ils découvrent sur leur parcours existentiel une route qui mène à Dieu.

Y a-t-il une citation qui vous a marqué ?

« Car, en dernier ressort, cette contraignante volonté d’être grand et d’être parfait ne procède que du sentiment d’être en faute. C’est seulement parce que nous avons toujours le sentiment de devoir nous justifier et nous battre contre de secrets reproches que nous sommes contraints de nous dépasser constamment et d’être un autre que celui que nous sommes en vérité. Par opposition à cela résonne dans l’image de l’enfant divin quelque chose d’une nouvelle autonomie et d’une nouvelle innocence de l’existence, du sentiment d’être justifié à vivre uniquement par grâce. Si quelque chose peut nous sauver, c’est cela. Mais c’est justement cela qu’il est difficile d’apprendre. »
(Eugen DRAWERMANN, Psychanalyse et exégèse, Tome 1, p. 353)

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur ?

Ma collaboration avec Generis Publishing n’est pas à démontrer. Après ma récente publication chez le même éditeur, voici que je lui réitère ma confiance en lui proposant la présente. Je ne me suis pas limité à ce mouvement des publications personnelles. J’ai en plus orienté certains amis amoureux de la plume à découvrir les talents de Generis Publishing. Et je reste convaincu qu’au moins un d’entre eux pourra incessamment le service éditorial de cette maison.